L'impact du microbiote sur les troubles du spectre autistique

Enfant atteint de TSA déséquilibre du microbiote DIJO

Article rédigé par Marion Garrido - Praticienne en Hygiène de Vie et Naturopathie spécialisée en TSA. Pour simplifier la lecture, “Troubles du Spectre Autistique” sera abrégé en “TSA” tout au long de cet article.

En tant que Praticienne en Hygiène de Vie et Naturopathie spécialisée dans les TSA, la première étape de mon accompagnement réside dans le rééquilibrage de la sphère intestinale : sans cette étape, aucun changement ne peut se produire. Le lien entre intestins et cerveau - organe clé des TSA - a déjà été prouvé à maintes reprises : le système nerveux entérique qui relie ces deux organes est d’ailleurs qualifié de “second cerveau” car il peut aller jusqu’à fonctionner en autonomie après section du nerf vague.

Un déséquilibre du microbiote intestinal diagnostiqué chez les personnes atteintes de TSA

La dysbiose intestinale participe grandement à altérer ce lien chez les personnes atteintes de TSA. Le microbiote est l’ensemble des micro-organismes vivant tout au long du système digestif et participant à la digestion, la communication cérébrale, l’immunité et la prévention de la prolifération de bactéries nocives. La dysbiose est une perturbation de cet ensemble : le microbiote est un écosystème, comme l’Amazonie. Si on y enlève un certain type d’arbres (ou de bactéries), l’ensemble est déséquilibré. La Terre se réchauffe, notre organisme dysfonctionne. Rééquilibrer le microbiote est donc clé pour rééquilibrer l’écosystème. Des analyses du microbiote des personnes atteintes de TSA ont révélé la présence de bactéries anormales et nocives, absentes chez leurs parents, frères et sœurs non atteints de TSA. Ces analyses ont également révélé la translocation de bactéries dans des parties du système intestinal ne les accueillant pas normalement.

La prise de probiotiques et le MTT permettent de diminuer les troubles

Une des pistes suivies par la communauté scientifique pour étudier ces déséquilibres est le MTT : la transplantation par voie fécale du microbiote d’un porteur sain vers une personne souffrant de TSA. Une étude portant sur 18 enfants avec TSA souffrant de symptômes gastro-intestinaux chroniques a mis en exergue l’utilité de cette technique. Au début de l’étude, les enfants avec TSA présentaient un microbiote intestinal moins diversifié que les enfants sans TSA. Certaines souches de bactéries utiles étaient totalement épuisées : bifidobacteria, lactobacillus reuteri, prevotella, coprococcus, veillonellaceae... Ces trois dernières étant directement impliquées dans la dégradation des glucides. La première phase de l’étude a montré l’efficacité du MTT pour diversifier le microbiote, améliorer les symptômes gastro-intestinaux et comportementaux. Ces améliorations avaient persisté 8 semaines après l’arrêt du traitement, suggérant un effet bénéfique à long terme. Deux ans après la fin du traitement, les participants présentaient encore une diminution de 58% de leurs symptômes gastro-intestinaux par rapport au début de l’étude. De plus, selon l’analyse des parents, les symptômes principaux de l’autisme (troubles du langage, interactions sociales et comportement) avaient diminués de 45% entre le début du traitement et les deux ans qui ont suivi.

Le MTT est encore loin d’être une technique répandue mais ses effets peuvent être reproduits avec une complémentation en probiotiques en continu sur l’année. Il est toutefois nécessaire de bien sélectionner ces cures de probiotiques et les associer à d’autres mesures d’hygiène de vie :

- Adopter un régime alimentaire hypotoxique, sans gluten, caséine ni soja pour soulager l’hyperperméabilité, calmer le système immunitaire en sur-inflammation et alcaliniser l’organisme en état d’acidose.

- Apprendre à gérer le stress et les émotions grâce à des ressources adaptées aux appétences et aux capacités : respiration, méditation, relaxologie, sophrologie, activité physique, rééquilibrage du sommeil…

- Soutenir les organes chargés d’éliminer les toxines, déficients chez les personnes avec TSA, à l’aide de cures de phytothérapie et de micronutrition.

- Créer un environnement adapté où les sources de toxémie sont réduites au minimum : perturbateurs endocriniens, pollution, métaux lourds, pesticides…

Ces informations sont destinées au mieux-être et n’ont aucune visée médicale.

Marion GarridoPraticienne en Hygiène de Vie et Naturopathie Consultations en visioconférence et en cabinet.